Coronavirus : les sites conspirationnistes vont gagner 25 millions de dollars grâce aux GAFAM

 

Un téléphone affichant Google Analytics

Alors qu’ils annonçaient en mars leur collaboration pour lutter contre la désinformation sur le coronavirus, les GAFAM vont rapporter au moins 25 millions de dollars aux sites conspirationnistes en 2020.

Les plates-formes de publicité numérique gérées par Google, Amazon.com Inc. et d’autres géants de la tech vont rapporter  cette année au moins 25 millions de dollars à des sites diffusant des informations jugées erronées sur le Covid-19. C’est ce qu’indique une étude publiée mercredi par le groupe de recherche britannique Global Disinformation Index (GDI), une organisation à but non lucratif.

L’équipe a analysé 480 sites en langue anglaise, identifiés comme « publiant des fausses informations sur le
virus ». Elle a repéré plusieurs sites sur lesquelles, les éditeurs traitent de questions relatives à l’origine du virus, qui aurait été créé par Bill Gates, l’OMS ou des expérimentations en laboratoire. Global Disinformation Index identifie cinq régies publicitaires principales à l’origine des publicités diffusées sur ces sites – et leur rapportant ainsi de l’argent : Google, Amazon.com Inc., OpenX, Taboola et Xandr.

Google génère à lui seul trois quart des revenus

Ces publicités peuvent aussi bien être dédiées à des cosmétiques comme les produits L’Oréal, qu’à des produits tech comme les appareils Canon ou des fournitures de bureau proposées par Wayfair Inc. Par exemple, une publicité vendue par Amazon, en mai, fait la promotion d’un produit L’Oréal sur le site Americanthinker, dans un article intitulé « Est-ce que l’industrie pharmaceutique supprime l’hydroxychloroquine ? ».

Parmi ces annonceurs, c’est Google qui rapporte le plus d’argent aux sites conspirationnistes avec 3 dollars sur 4 dollars de revenus engrangés. Au total, le géant de la tech va rapporter la somme de 19 millions de dollars sur 25 millions pour l’ensemble de l’année 2020. OpenX , un plus petit distributeur de publicités numériques, produit environ 10% de l’argent, tandis qu’Amazon génère environ 1,7 million de dollars (7%). Les données publiées par GDI excluent les services de médias sociaux et de vidéo en ligne, de sorte que le total réel est probablement beaucoup plus élevé.

GDI a déclaré avoir présenté à Google, Amazon et OpenX les dernières conclusions de son rapport et qu’aucune de ces entreprises n’a fourni de réponse officielle. Néanmoins, un porte-parole de Google a indiqué que « Le rapport est imparfait : il ne définit pas ce qui devrait être considéré comme de la désinformation, ni ce qui concerne les calculs de revenus, qui ne sont ni transparents, ni réalistes ».

Google doit muscler sa politique de répression

D’après l’agence Bloomberg, le géant de la tech ne vérifie pas l’entièreté du contenu publié par un site avant de lui vendre ses espaces publicitaires. Il a toutefois passé en revue dix des articles recensés par l’étude avant d’en démonétiser cinq. Les GAFAM ont récemment pris l’engagement de réprimer la désinformation sur le net et de supprimer les publicités des sites qui violent leurs politiques.

Mais, GDI pense que ces plateformes doivent faire plus pour limiter la propagation de la désinformation. Son co-fondateur Danny Rogers note « La différence entre ce que les entreprises disent publiquement de leur engagement à ne pas monétiser le discours de haine et le contenu préjudiciable » et ce qui se passe réellement.

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