Outre-mer : l’impact du coronavirus sur l’économie s’annonce désastreux

 

Photo aérienne prise par drone du Gosier pendant le lever du soleil, Guadeloupe (France), destination touristique estivale populaire.

A l’instar de l’Hexagone, les territoires d’Outre-mer pourraient énormément souffrir de l’impact économique du coronavirus. C’est pourquoi, un rapport sénatorial préconise une soixantaine de mesures d’aide pour soutenir les secteurs d’activités.

Le premier ministre français, Jean Castex, s’est rendu dimanche 12 juillet en Guyane pour prendre rapidement le pouls des territoires ultramarins, également touchés par la pandémie du coronavirus. Le nouveau locataire de Matignon a promis de s’attaquer à différentes difficultés structurelles, à la fois sur le plan sanitaire qu’économique. Sur ce dernier point, que sait-on de la situation des territoires d’Outre-mer ?

Selon un rapport de la délégation aux Outre-mer du Sénat, publié le 9 juillet 2020, la crise économique liée à l’épidémie de Covid-19 s’annonce dévastatrice pour l’ensemble des territoires ultramarins. « Les pertes instantanées d’activité pendant le confinement sont estimées à 30 % pour l’ensemble des Outre-mer, ce qui est sans précédent », et les économies ultramarines se trouvent « confrontées à une menace d’effondrement si des mesures appropriées et d’envergure ne sont pas rapidement adoptées », indiquent les auteurs du texte.

Le coronavirus menace 30 000 emplois

Les rapporteurs Stéphane Artano (RDSE, Saint-Pierre-et-Miquelon), Viviane Artigalas (Socialiste et républicain, Hautes-Pyrénées) et Nassimah Dindar (Union centriste, La Réunion) soulignent que « la forte proportion de très petites entreprises et entreprises unipersonnelles en outre-mer, la frilosité traditionnelle du système bancaire, le pourcentage d’entreprises déjà en grande difficulté et des différences statutaires tendent à exclure en pratique des pans entiers d’activités du bénéfice des mesures de solidarité nationale ».

En mai, une étude publiée par le cabinet DME et l’Association des Chambres de Commerce et d’Industrie des Outre-mer, faisait déjà part d’une baisse de 5% du PIB, contre 6% pour l’ensemble du pays. La DME constatait que la baisse d’activité menace 30 000 emplois et estimait que si l’activité ne revenait pas à la normale avant le 1er septembre l’impact pourrait être doublé. Cela représenterait 9 à 18% des emplois marchands en fonction des territoires.

Un fort soutien attendu pour le tourisme et le secteur aérien

Pour enrayer le désastre à venir, les rapporteurs du Sénat préconisent de « renforcer l’autonomie sanitaire » de chaque territoire, d’adopter des protocoles sanitaires différenciés selon les situations locales, et de permettre, pour les Outre-mer qui le souhaitent, de « tester les populations à leur arrivée à l’aéroport ». Des mesures qui pourraient sauver le tourisme, un secteur essentiel des territoires d’Outre-mer (10% du PIB contre 7,5% pour l’ensemble de l’Hexagone). Dans ce même ordre, les sénateurs suggèrent la mise en place d’un fonds de soutien d’urgence pour les compagnies aériennes locales et d’un fonds de garantie de solvabilité en cas de remboursement des billets, de quoi rassurer les voyageurs.

Les auteurs appellent aussi à la pérennisation d’une prise en charge à 100% du chômage partiel notamment pour les entreprises ultramarines menacées de faillites jusqu’à la sortie de la crise ; ou encore une généralisation à l’ensemble des Outre-mer du relèvement du plafond à 15 000 euros pour les micro-crédits. En outre, sur le long terme, le rapport vise à promouvoir des filières courtes de produits agricoles pour l’autonomie alimentaire, à développer le numérique en faisant des Outre-mer des zones franches numériques, ou encore à investir dans l’économie bleue et la biodiversité.

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