Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy jugé pour corruption en octobre prochain

Nicolas Sarkozy, président de la République de France de 2007 à 2012.

 

Le procès de Nicolas Sarkozy, accusé de corruption dans l’affaire dite des « écoutes », se tiendra du 5 au 22 octobre prochain, a décidé mercredi 8 janvier le tribunal correctionnel de Paris. Il est également renvoyé vers la Justice pour « trafic d’influence ».

Pour la première fois sous la Vème république, un ancien président de la République sera jugé pour corruption : le procès de Nicolas Sarkozy dans l’affaire dite des « écoutes » se tiendra du 5 au 22 octobre, a décidé mercredi le tribunal correctionnel de Paris.

Nicolas Sarkozy, alias « Paul Bismuth »

Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir début 2014, par l’entremise de son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes auprès d’un haut magistrat du nom de Gilbert Azibert. La manœuvre avait trait à une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l’affaire Bettencourt (soldée pour lui par un non-lieu en 2013). Les policiers avaient découvert qu’il utilisait un portable secret ouvert au moyen d’une carte pré-payée sous l’alias de « Paul Bismuth » pour communiquer avec un unique interlocuteur : son avocat.

« Lors de leurs communications sur cette ligne, synthétisait le Parquet national financier (PNF) dans un réquisitoire en 2017, Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog ont abordé ensemble les moyens d’obtenir des informations privilégiées » sur une instance en cours devant la Cour de cassation.

Selon les enquêteurs, en contrepartie d’informations confidentielles qu’il se faisait fort d’obtenir au sein de la Cour de cassation, M. Azibert espérait, grâce à l’appui de M. Sarkozy, décrocher un poste de choix en principauté de Monaco – qu’il n’obtiendra finalement pas.

Ces faits présumés ont justifié le renvoi en correctionnelle pour « corruption active » et « trafic d’influence actif ».

L’affaire Bygmalion, une autre casserole que traîne Sarkozy

La Cour de cassation avait rejeté en juin dernier les derniers recours formés par l’ancien chef de l’Etat, son avocat et ami Thierry Herzog et l’ex-haut magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert, afin d’éviter leur procès. Dans son réquisitoire de 2017, le Parquet national financier avait mis en avant l’existence de « charges lourdes et concordantes à l’encontre de MM. Azibert, Herzog et Sarkozy », et avait même comparé leurs méthodes à celles de « délinquants chevronnés ».

Nicolas Sarkozy, retiré de la vie politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016, doit également être jugé dans les prochains mois pour « financement illégal » de sa campagne de 2007 dans l’affaire Bygmalion. Les dates de ce procès ne sont pas encore connues.

 

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