Querelles entre Paris et Londres face à l’urgence migratoire

Les deux pays voisins se renvoient la responsabilité de la gestion de la question des migrants aux frontières alors que les drames se poursuivent.

Le corps des derniers naufragés de la Manche n’est même pas encore complètement refroidi que l’acrimonie repart entre la France et le Royaume-Uni. Les deux pays s’accusant mutuellement de n’en faire pas assez face à la question migratoire, véritable épine dans leur pied. Le dernier exemple en date de cette relation tumultueuse a été provoqué par la mort, mercredi 24 novembre, de 27 personnes au moins, tentant de rejoindre Londres depuis la ville française de Calais via la traversée de la Manche avec une embarcation de fortune.

L’épisode macabre a bien évidemment interpellé les autorités de la France et du Royaume-Uni, les deux principaux États concernés par cette question. Mais leur réaction ne semble malheureusement pas à la hauteur de l’enjeu. En lieu et place d’une coopération, c’est à une avalanche de propos acerbes que l’on a droit depuis 24 heures.

Proposition polémique

Une fois terminés les hommages à la mémoire des disparus, c’est d’abord le Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui s’illustre. À travers une lettre adressée à son homologue Emmanuel Macron et publiée sur Twitter jeudi 25 novembre, il formule une série de propositions à la France afin d’endiguer la crise. Au nombre de celles-ci, figure la nécessité pour Paris d’accueillir via un traité bilatéral de réadmission, les candidats à l’immigration refoulés à la frontière du Royaume-Uni.

L’initiative à l’heur de provoquer la colère des autorités françaises qui n’en démordent toujours pas. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a dénoncé ce jeudi sur BFMTV, un courrier « indigent sur le fond et déplacé sur la forme », indiquant notamment que la proposition britannique était hors de propos. « Ce n’est évidemment pas ce dont on a besoin pour régler ce problème », a-t-il réagi, accusant Boris Johnson de double-discours.

Faux-semblants ?

Son homologue de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est inscrit toujours ce vendredi, dans la même démarche, en annulant l’invitation de son homologue anglais à participer en compagnie des officiels Belges, Néerlandais et Allemands à une rencontre ce week-end à Calais dans le cadre de cette question migratoire.

Le président Emmanuel Macron a quant à lui, déploré la voie choisie par Boris Johnson pour faire connaître ses propositions. Reste que l’intéressé ne regrette rien de sa démarche, à en croire son ministre des Transports, Grant Shapps au micro de BBC ce vendredi.

L’impasse continue se poursuit et fait lever le voile sur l’insincérité des uns et des autres à régler le problème.

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