Mauritanie : les poursuites contre Mohamed Ould Bouamatou annulées

Comme on si attendait depuis quelques mois, la justice mauritanienne a annulé les poursuites judiciaires contre l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, son associé Mohamed Ould Debagh et le conseiller des présidents africains Moustapha Ould Limam Chafi. Les trois personnalités avaient eu le malheur de contrarier la dictature de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Mohamed Ould Bouamatou, bête noire du régime Abdel Aziz

Cette décision pendait au nez du nouveau pouvoir mauritanien, depuis plusieurs semaines. Le pôle anti-corruption du parquet du tribunal de Nouakchott vient d’annuler les poursuites judiciaires et le mandat d’arrêt international lancé en 2017 contre Mohamed Ould Bouamatou pour « corruption et fraude fiscale ». Le fondateur du groupe BSA et de la banque GBM avait été contraint à l’exil par l’ex président de la République Mohamed Abdel El Aziz, qu’il avait pourtant contribué à porter au pouvoir.

Le régime du président Aziz, aujourd’hui tombé en disgrâce, a accusé M. Bouamatou d’avoir financé en 2017 un groupe de sénateurs qui avait mené une fronde contre un référendum constitutionnel.

Un associé de M. Bouamatou, Mohamed Ould Debagh, qui ne faisait pas l’objet d’un mandat d’arrêt, n’est également plus visé par des poursuites judiciaires pour « corruption ». Le pôle antiterroriste a par ailleurs annulé les poursuites et le mandat d’arrêt lancé en 2011 pour « connivence et liens avec les groupes djihadistes au Sahel » contre Moustapha Ould Limam Chafi.

Lente décrue des tensions politiques en Mauritanie

« Cette mesure intervient dans le cadre de la volonté d’apaisement et la normalisation du climat politique dans le pays » après l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a déclaré à l’AFP une source proche du pouvoir.

L’opposition mauritanienne avait réclamé, lors de rencontres avec le président Ghazouani, en octobre 2019, l’annulation des mesures prises à l’encontre de ces opposants pour permettre leur retour au pays. Le 13 décembre 2019, c’étaient au tour de milliers de Mauritaniens de manifester devant le palais présidentiel de Nouakchott pour réclamer le retour d’exil du banquier et les autres.

Un retour en grâce de Bouamatou ces dernières semaines

L’abandon des poursuites contre Mohamed Ould Bouamatou est une suite logique des dernières mesures de Nouakchott en faveur de l’entrepreneur. Mi-décembre, le nouveau pouvoir de Ghazouani avait levé les restrictions contre la Générale de Banque de Mauritanie.

Et le 30 décembre, Nouakchott faisait retirer des plaintes d’ONG proches de l’ancien président Ould Abdel Aziz, après avoir remis une distinction à Mohamed Ould Bouamatou pour les nombreux investissements effectués dans son pays. Cette reconnaissance réhabilitait en quelque sorte l’entrepreneur, qui n’était plus vraiment loin d’un retour au pays natal. Le philanthrope avait d’ailleurs déjà commencé à rénover sa maison de Nouakchott.

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