Le nouveau multimillionnaire est sommé de verser la moitié de son gain à sa future ex-femme, avec qui il est toujours en instance de divorce.
Le 11 septembre dernier a dû être l’un des plus beaux jours de la vie de Monsieur X, puisqu’il est devenu l’heureux gagnant du Superenalotto, la grande loterie nationale italienne, en remportant la somme de 223,2 millions d’euros.
Mais la joie de cet homme, banquier dans la ville lombarde de Lecco, n’aura pas duré bien longtemps. Il a appris qu’il devrait partager le pactole à parts égales avec sa future ex-compagne.
En effet, selon Sud Ouest, citant le Corriere della Sera, qui rapporte l’information, la femme, après avoir appris la bonne fortune de son mari, a décidé de réclamer sa part au nom de la communauté de biens.
Selon les éléments rapportés, l’homme aurait confié à certains amis qu’il avait gagné au loto. De bouche à oreille, l’information serait ensuite arrivée jusqu’à son épouse, qui avait entre-temps déménagé à Frosinone.
Séparé, mais pas encore divorcé
Le point central de cette affaire concerne la situation matrimoniale du couple. Les deux époux ne vivaient plus ensemble, leur relation ayant pris fin. Mais leur séparation n’avait pas encore été officiellement prononcée par un tribunal au moment du gain.
Les avocats de la femme expliquent que leur cliente souhaite désormais engager une procédure de séparation par négociation assistée, afin d’éviter une audience judiciaire classique. Parmi les demandes formulées figurent une pension mensuelle d’environ 8 000 euros ou, à défaut, le versement d’une somme forfaitaire unique de 80 millions d’euros.
D’après les avocats, ce montant resterait inférieur à la part que la femme pourrait réclamer, compte tenu du régime matrimonial choisi lors du mariage et de la somme réellement perçue après déduction des impôts et autres prélèvements sur le gain.
Pour soutenir leur position, les conseils évoquent des précédents de la Cour de cassation, selon lesquels les sommes obtenues grâce à des loteries ou à des jeux peuvent entrer dans la communauté légale des époux, même lorsque la mise a été engagée avec l’argent personnel d’un seul des conjoints.
Un sacré dilemme pour Monsieur
Alors que l’homme n’a pas encore répondu à la mise en demeure adressée par la défense de son épouse, cette histoire, évoquée au journal télévisé de 20 heures de TF1, est devenue un sujet de discussion pour de nombreux Français.
« Je partagerais », a ainsi répondu une personne interrogée. « Si c’était moi, je donnerais la moitié », a ajouté une autre approchée par la chaîne. Des réactions conciliantes qui détonnent avec celle d’un jeune homme, qui avoue son dégoût face à une telle situation.
Ces témoins n’auraient peut-être pas à faire face à un cas similaire. Car en France, contrairement à l’Italie, un gain au loto peut revenir exclusivement à l’un des époux si le couple était déjà séparé au moment où le jackpot a été remporté.
« Le juge peut fixer la date des effets du jugement à celle à laquelle les époux ont cessé de cohabiter ou de collaborer », explique Maître Jérôme Boursican à TF1. Il ajoute toutefois : « Si vous pensez que vous pouvez avoir la baraka et que vous voulez effectivement jouer au loto, il vaut mieux se séparer d’abord et jouer après. »
