Le banquier d’affaires français, très proche d’une certaine gauche, a dépensé près de 500 000 euros pour un séjour de moins de trois semaines sur une île paradisiaque. Problème : il s’est toujours présenté comme faisant partie des « petites gens ».
C’est Le Canard enchaîné, dans son numéro du mercredi 16 septembre, qui révèle l’information. Pour ses vacances estivales, Matthieu Pigasse n’a pas lésiné sur les moyens. Le richissime banquier a en effet choisi de séjourner sur l’île Moustique, ou Mustique en anglais.
Pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit d’une petite île privée des Grenadines, dans l’État de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Réputée pour être un refuge caribéen très haut de gamme, elle est recherchée pour sa discrétion par des familles fortunées, des artistes et des personnalités royales.
Pigasse y aurait passé 19 nuits, notamment dans une villa de plus de 2 600 m², facturée 22 638 euros la nuit, avec neuf suites, trois piscines, un cinéma et un terrain de tennis. Coût total : 434 000 euros pour la location.
À titre de comparaison, le Smic net annuel actuel est d’environ 17 735 euros en France. Autrement dit, l’ancien de la banque Lazard a dépensé l’équivalent de près de 25 années de Smic net pour moins de trois semaines de vacances.
Des dépenses qui font tache
A priori, rien de bien étonnant pour ce millionnaire natif de Clichy. Mais une telle ostentation fait tache lorsque l’on se rappelle le positionnement public du personnage. Oui, Matthieu Pigasse incarne un certain paradoxe dans le monde capitaliste.
Surnommé « le Bolloré de la gauche » — un sobriquet qu’il déteste —, cet acteur de la haute finance, patron de médias comme Radio Nova et Les Inrockuptibles, se présente comme à l’opposé du milliardaire breton, patron de Canal+.
L’homme de 58 ans évoque la lutte contre les inégalités et a notamment défendu une hausse de 20% du Smic, ainsi que la taxe Zucman sur les hauts patrimoines. Plus récemment, il a participé aux universités d’été de La France insoumise, parti de gauche radicale, et des Écologistes.
Autant dire que celui dont l’épouse, Alix Étournaud, est engagée sur les questions écologiques n’est pas connu pour défendre le programme « champagne pour les riches et débrouillez-vous pour les autres ».
Une réponse qui masque mal le malaise
Interrogé sur ces dépenses par Le Canard enchaîné, Pigasse s’est montré on ne peut plus gêné aux entournures. « Ma vie privée ne regarde que moi. Je n’ai pas à répondre à la police des mœurs. Je pars en vacances avec qui je veux, quand je veux, où je veux, et je dispose librement de mon argent », a-t-il argué.
C’est pourtant lui qui disait, en avril, au micro de France Culture, que « l’on définit un homme par ce qu’il est et par ses actes ». « Moi, je ne suis pas noble, je fais partie du tiers état, même si, dans un sens, j’ai acquis un certain nombre de privilèges », déclarait-il encore en août dernier à Grenoble.
Par ailleurs, l’argument de la vie privée tient mal lorsque l’on s’implique autant en politique, au point de se dire « prêt » à se lancer, le cas échéant.
