OpenAI reproche à son rival de Hangzhou de se servir de son chabot ChatGPT pour perfectionner ses capacités.
OpenAI, le géant de l’intelligence artificielle, fondé par Sam Altman, affirme que la jeune pousse de Hangzhou, DeepSeek, aurait entraîné ses modèles en exploitant illégalement les recherches de laboratoires américains.
Ces accusations figurent dans un mémo confidentiel adressé le 12 février à la Commission spéciale de la Chambre des représentants sur la compétition stratégique entre les États-Unis et le Parti communiste chinois, selon des informations obtenues par Reuters.
Dans ce document, Sam Altman dénonce les « efforts continus » de DeepSeek pour bénéficier gratuitement (« free ride ») des avancées réalisées par OpenAI et d’autres laboratoires dits de « frontière ».
Pour son entreprise, il ne s’agit pas d’un simple affrontement commercial, mais d’une appropriation délibérée et systématique de technologies mises au point grâce à des investissements colossaux.
La distillation, une technique au cœur des accusations
Au cœur des accusations figure la technique dite de la « distillation ». Ce procédé consiste à utiliser un modèle d’IA plus ancien, plus établi et plus performant pour évaluer la qualité des réponses produites par un modèle plus récent et moins développé.
En exposant de façon répétitive ce nouveau modèle aux évaluations du modèle senior, il est ainsi possible de lui transférer une grande partie des apprentissages et des capacités du premier, sans avoir à engager les mêmes ressources en données et en puissance de calcul.
En d’autres termes, DeepSeek aurait utilisé ChatGPT et d’autres modèles américains comme des « professeurs » involontaires pour accélérer le développement de ses propres systèmes. Au-delà de cette approche, l’entreprise chinoise est accusée d’avoir développé des méthodes afin d’éviter de se faire repérer.
« Nous avons observé des comptes associés à des employés de DeepSeek développant des méthodes pour contourner les restrictions d’accès d’OpenAI et accéder aux modèles via des routeurs tiers dissimulés et d’autres moyens masquant leur origine », détaille le mémo.
Une réputation fragilisée
De telles accusations, si elles étaient avérées, amèneraient à changer de perspective vis-à-vis des prétendues prouesses de DeepSeek.
Début 2025, la startup chinoise, filiale du fonds spéculatif Highflyer, avait provoqué un véritable séisme dans le monde de la technologie en dévoilant une série de modèles d’IA dont les performances rivalisaient avec les meilleures offres américaines, et ce, à une fraction du coût annoncé par ses concurrents.
La nouvelle était telle qu’elle avait fait chuter les cours boursiers de plusieurs entreprises américaines du secteur technologique, alimentant les craintes d’un déclassement de la Silicon Valley.
Pour de nombreux observateurs à Washington, DeepSeek incarnait alors la preuve que la Chine était capable de contourner les restrictions à l’exportation imposées par les États-Unis sur les semi-conducteurs et autres technologies avancées, dans le cadre de la guerre technologique sino-américaine.
