Gérald Darmanin plus royaliste que le roi ?

Les prochaines échéances électorales en ligne de mire, le ministre de l’Intérieur veut ratisser le plus large possible pour Emmanuel Macron. Quitte à brouter sur les prairies de l’extrême droite et ainsi crisper son propre camp.

Un trublion nommé Darmanin. Le ministre de l’Intérieur au cœur de l’actualité à la fois en raison de l’importance stratégique de son département ministériel et pour ses prises de position, agace. Et pas seulement les opposants au chef de l’État. Les critiques à l’encontre de monsieur sécurité du gouvernement viennent ces derniers temps de son propre camp. L’intéressé y est perçu comme un élément perturbateur susceptible de mettre à mal les ambitions de la majorité.

La polémique de trop ?

Ce n’est pas l’origine des tensions entre Gérald Darmanin et nombre de ses collègues de la majorité, mais elle constitue à n’en point douter un épisode important. Un épisode de trop même selon de nombreuses voix critiques. Il s’agit de la polémique née de la participation du locataire de la Place Beauvau à la manifestation policière du 19 mai dernier devant l’Assemblée nationale. Une manifestation qui prend la justice accusée de faillir à la protection des forces de l’ordre pour cible et à laquelle le ministre de l’Intérieur prend part. Le tableau a de quoi indigner plus d’un dont Audrey Pulvar qui y a vu une « image glaçante ». D’autant que l’extrême droite y était également fortement représentée. Dans la foulée, le premier flic du pays annonce une plainte contre la candidate du PS aux régionales en Île-de-France accusée de calomnier la police. Dans le rang de la majorité présidentielle, l’initiative est passablement accueillie. Elle suscite même de la colère chez certains.

Erreur tactique

Beaucoup voient à travers cette menace de plainte à laquelle le camp Pulvar a également répondu par une plainte en diffamation, une erreur tactique de la part de Gérald Darmanin. Car font-ils remarquer, cela a le don de rassembler la gauche jusqu’ici amorphe, contre l’exécutif. Dans un contexte de pré-campagne présidentielle, ce n’est pas de bon augure pour la majorité. D’autant que même s’il s’emploie surtout à détricoter la droite à son profit, Emmanuel Macron pourrait avoir une nouvelle fois besoin de la gauche pour battre Marine Le Pen et ainsi rempiler à l’Élysée. D’autres estiment par ailleurs que la plainte de Darmanin n’avait pas lieu d’être. À preuve, nombre de ses collègues se sont depuis désolidarisés de sa décision de participer à la marche policière. D’où le rétropédalage de mardi dernier ? Le ministre de l’Intérieur a en effet décidé de jouer l’apaisement avec Audrey Pulvar à travers une prochaine rencontre.

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