Hong Kong : de brefs affrontements samedi entre la police et des manifestants pro-démocratie

 

Un jeune homme ramassant un fumigène lors du mouvement des parapluies

La police et des manifestants pro-démocratie se sont brièvement affrontés samedi 21 septembre dans une ville à la périphérie de Hong Kong, près de la frontière avec la Chine continentale.

De violents, mais brefs affrontements ont éclaté samedi entre la police hongkongaise et des militants pro-démocratie. Ceux-ci s’étaient rassemblés pour protester contre la destruction par des éléments pro-chinois de messages affichés dans le cadre du mouvement de contestation qui secoue le territoire semi-autonome depuis plus de trois mois.

Plusieurs interpellations signalées

Les incidents de samedi se sont produits dans la ville de Tuen Mun, dans l’ouest des Nouveaux Territoires, l’un des secteurs de la région administrative spéciale de Hong Kong. Des centaines de contestataires ont dressé des barricades et démantelé des barrières de sécurité. Ils ont également jeté des objets sur les voies ferrées avoisinantes. Une poignée d’entre eux a arraché un drapeau chinois qui flottait devant un bureau du gouvernement local, avant de le brûler. La police a eu recours au gaz lacrymogène et aux canons à eau contre des groupuscules radicaux qui ont érigé des barricades et jeté des pierres ainsi que des cocktails Molotov. Elle a procédé à plusieurs arrestations, notamment dans un parc de la ville où des manifestants étaient rassemblés.

Les affrontements ont tourné court dès que la police a tiré du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Toutefois certains manifestants ont joué au jeu du chat et de la souris jusque dans la soirée. Des groupuscules de militants ont aussi incendié plusieurs barricades à la nuit tombée dans la ville voisine de Yuen Long.

Les protestataires prêts à « se battre sur le long terme »

C’est le seizième weekend de suite que des manifestations secouent cette ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997. Depuis juin 2019, les militants, désormais abandonnés par l’exécutif hongkongais, réclament plus de démocratie et plus d’indépendance pour leur région semi-autonome. Calvin Tan, un jeune activiste de 22 ans, expliquait samedi en début d’après-midi que les manifestants s’étant préparés à « se battre sur le long terme ». Il a indiqué à l’AFP que « Chaque petite manifestation compte, même si cela ne semble pas beaucoup aider, c’est comme chaque petit pas dans un marathon ».

Faut-il craindre un bain de sang le 1er octobre prochain ?

Les appels à manifestations et à la grève se multiplient sur internet à l’approche de deux anniversaires-clés. Celui du début du « Mouvement des parapluies » de 2014, le 28 septembre prochain, et celui du 70e anniversaire de la création de la République de la Chine, le 1er octobre 2019. Pour ce dernier évènement, la violence pourrait franchir un palier. Selon un haut responsable de la police hongkongaise, qui a parlé sous anonymat, les policiers sont inquiets car « la violence a atteint un tel niveau qu’ils craignent d’avoir à tuer quelqu’un ou d’être eux-mêmes tués ».

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