LeBron James et Polymarket, au-delà de la légalité

Le partenariat de la nouvelle star des 76ers avec la principale plateforme de paris en ligne est problématique à bien des égards, bien qu’il n’enfreigne aucune règle établie.

Depuis le 5 septembre 2026, LeBron James est officiellement l’un des visages de Polymarket. L’entreprise spécialisée dans les prédictions dans tous les domaines (la politique, le sport, la religion, etc.) a pu mettre la main sur l’un des meilleurs joueurs que le basket ait jamais connus, contre une promesse de rémunération de 15 millions de dollars annuels, selon le journal Front Office Sports.

Ce pactole représente près du quadruple des 3,9 millions de dollars que les Philadelphia 76ers se sont engagés à verser à James dans le cadre de son contrat signé cet été. Un joli pont d’or pour préparer la retraite, donc, même si ce n’est pas l’argent qui manque au médaillé d’or olympique.

C’est d’ailleurs en raison de son aisance financière que des voix s’élèvent au sein de l’opinion pour dénoncer ce choix. Pourquoi diable l’un des sportifs ayant connu la plus grande réussite financière, avec des revenus en carrière dépassant le milliard de dollars, va-t-il promouvoir une plateforme liée aux marchés prédictifs, dont les dégâts (addictions, ruines financières…) sont désormais abondamment documentés ?

Un personnage séduit par l’appât du gain

L’autre question est de savoir si un sportif aussi influent que LeBron ne devrait pas être plus sélectif à l’égard des produits et des plateformes associés à son image.

« Absolument pas. Je ne ferai jamais ça. Honnêtement, je trouve très triste de voir certains joueurs en faire la promotion. Chacun fait ce qu’il veut, mais ce sera sans moi », a lâché la star française de San Antonio, Victor Wembanyama, le 1er octobre dernier.

Cette déclaration en dit long sur l’état d’esprit des uns et des autres. Elle renseigne sur les limites que certains sont capables de franchir dès lors que l’argent est en jeu. Mais « King James » a peut-être déjà dépassé ces bornes il y a bien longtemps.

N’avait-il pas mis en scène, plus tôt cette année, la fin présumée de sa carrière à travers l’annonce d’une prétendue « décision », qui aura mobilisé la planète basket et au-delà, pour finalement dévoiler une collaboration commerciale avec la marque de boissons Hennessy ?

Un test d’intégrité pour la NBA

Autrement dit, il n’a eu aucun scrupule à exploiter l’incertitude entourant son avenir sportif au profit d’une entreprise commerciale.

Au-delà de l’image que cela renvoie, le deal avec Polymarket représente un test d’intégrité pour la NBA, comme le relève Jason Lloyd dans les colonnes de The Athletic.

D’après le journaliste, il y a un problème à voir des joueurs s’associer à des entreprises dont les activités reposent sur des paris que les informations privilégiées détenues par ces mêmes sportifs pourraient influencer.

« Depuis des générations, la plus grande crainte de la ligue est que quelqu’un paie un joueur pour truquer un match. L’économie moderne du sport a produit quelque chose de bien plus trouble. Les joueurs peuvent légalement tirer profit d’entreprises qui gagnent de l’argent grâce à des personnes spéculant sur leurs faits et gestes », cingle Jason Lloyd.

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