Le joueur serbe a choisi de prendre ses distances avec l’association des professionnels qu’il a cofondée, sur fond de tensions juridiques persistantes avec les circuits ATP et WTA.
« Après mûre réflexion, j’ai décidé de me retirer complètement de la Professional Tennis Players Association (PTPA). » C’est par ce message publié le 4 janvier sur les réseaux sociaux que Novak Djokovic a annoncé qu’il quittait l’association de défense des droits des joueurs qu’il avait contribué à fonder.
La super star serbe justifie ce retrait par des “préoccupations persistantes” sur “la transparence, la gouvernance et la manière dont [sa] voix et [son] image ont été représentées”, sans plus de détails.
S’il dit rester “fier” de la vision initiale partagée avec le Canadien Vasek Pospisil, l’un des co-initiateurs de cette organisation, Djokovic estime désormais que ses “valeurs” et son “approche” ne sont plus alignées avec la direction prise par la PTPA.
Fondée en 2020, la PTPA s’est rapidement imposée comme un contrepoids aux structures historiques telles que l’ATP (Association of Tennis Professionals), jugées par certains acteurs du milieu trop frileuses dans la défense des intérêts des joueurs.
Une bataille judiciaire au cœur du divorce
La création de cette organisation parallèle avait toutefois été perçue comme une menace pour l’unité du circuit professionnel. D’autant que, dans une initiative remarquée en mars 2025, le syndicat a intenté une action en justice contre l’ATP, la WTA, la Fédération internationale (ITF) et les instances antidopage.
Il dénonce un système de type “cartel” qui limite les opportunités, les revenus et le bien-être des joueurs. À cet effet, un juge fédéral américain a interdit à l’ATP de menacer ou de faire du lobbying auprès des joueurs pour les dissuader de rejoindre la plainte.
Le tribunal a relevé des comportements potentiellement coercitifs de la part de l’ATP, tandis qu’au moins deux joueurs – Alexander Zverev et Ben Shelton – auraient subi des tentatives d’influence pour se désolidariser du mouvement. Djokovic, lui, n’a jamais approuvé officiellement cette initiative juridique, malgré les appels de ses pairs.
L’avenir incertain de la PTPA
Plus précisément, le joueur aux 24 titres majeurs n’aurait pas été en phase avec certains aspects des poursuites judiciaires lancées par la PTPA, mais l’organisation aurait néanmoins choisi de maintenir sa ligne d’action malgré les réserves de son cofondateur.
Cette divergence éclaire sans doute les raisons de sa mise en retrait. Quoi qu’il en soit, cette décision vient ajouter un nouveau chapitre à l’héritage déjà complexe du champion serbe. Admiré pour sa longévité et son excellence sportive, le « Djoker » s’est aussi distingué par des prises de position parfois controversées hors du court.
« La question, désormais, est de savoir si la PTPA peut survivre sans Djokovic », souligne The Athletic, rappelant que l’organisation avait largement bénéficié, ces dernières années, de la crédibilité et du poids symbolique de son illustre cofondateur.
