Quand un téléphone perdu fait faire demi-tour à un avion

Un Boeing 777 d’Air France à destination des Caraïbes a dû rebrousser chemin en raison de la perte par un passager de son téléphone portable à bord. Une mesure de sécurité due à la menace croissante des batteries lithium.

Difficile de dire quel était le sentiment des 375 passagers, des 12 membres d’équipage ainsi que des deux pilotes du vol AF750 d’Air France du 21 mars dernier à destination de la Guadeloupe.

En effet l’appareil qui avait décollé de l’aéroport d’Orly à Paris a dû faire demi-tour au large des côtes françaises à cause d’un téléphone portable perdu par un des passagers. C’était la deuxième fois en deux mois que le transporteur français faisait demi-tour pour une telle raison.

Une décision à première vue excessive, mais motivée par des impératifs de sécurité. Les compagnies aériennes du monde entier sont de plus en plus strictes concernant les appareils électroniques, notamment les smartphones équipés de batteries au lithium.

Ces batteries ayant déjà provoqué plusieurs incidents graves dans le transport aérien. Selon l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) citée par le Washington Post, 85 incidents aériens impliquant des batteries lithium ont été recensés l’année dernière, provoquant fumée, feu ou chaleur extrême.

Des batteries sous pression, un danger réel

Un chiffre relativement faible comparé aux 16,4 millions de vols annuels, mais suffisamment préoccupant pour que les compagnies aériennes renforcent leurs mesures préventives. « C’est effectivement un danger« , affirme Hassan Shahidi, président-directeur général de l’organisation à but non lucratif  Flight Safety Foundation, dans les colonnes du Post.

Si un téléphone se retrouve coincé dans un siège d’avion, tout mouvement du siège peut exercer une pression sur l’appareil, entraînant une surchauffe ou un départ de feu, explique le quotidien américain.

« C’est un espace très difficile d’accès si l’appareil commence à prendre feu ou à dégager de la fumée« , ajoute Shahidi, approuvant la décision d’Air France de ne pas prendre de risques au-dessus de l’océan.

Une initiative fructueuse alors que la compagnie a indiqué, dans un communiqué, avoir retrouvé l’appareil « après vérification par les équipes de maintenance ». Même si l’appareil a finalement atteint la Guadeloupe avec quatre heures de retard sur l’horaire prévu.

Une réglementation mondiale qui se durcit

Depuis début mars, la Corée du Sud exige après l’incendie d’un avion d’Air Busan potentiellement causé par une batterie externe deux mois plus tôt, que les batteries externes et les cigarettes électroniques restent à portée de main des voyageurs.

Leur rangement étant interdit dans les compartiments supérieurs ainsi que l’utilisation de chargeurs externes pendant le vol. Les compagnies américaines comme Delta et United rappellent désormais systématiquement aux passagers avant le décollage d’alerter l’équipage si un appareil électronique est perdu entre ou sous les sièges.

« Ils doivent en prendre grand soin pour ne pas créer un danger inutile« , insiste Hassan Shahidi toujours dans le Washington Post.

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