La campagne est secouée par une publicité qui défie les limites du politiquement correct dans cet État du Midwest américain, à quelques semaines des élections de mi-mandat.
Imaginez votre mère, avec qui vous êtes brouillée depuis de nombreuses années à cause d’une histoire d’agression sexuelle, appeler à voter contre vous. C’est le supplice auquel est soumise depuis quelques jours Amy Acton.
Candidate incarnant pour la première fois de réelles chances de hisser les démocrates à la tête du gouvernorat de l’Ohio depuis 2007, cette médecin spécialiste de santé publique est au centre d’un nouveau spot publicitaire orchestré par son rival républicain, Vivek Ramaswamy.
On y voit la mère d’Amy, Donna Arthur, mettre en garde contre l’élection de sa fille. « Les gens peuvent changer, mais ils doivent d’abord dire la vérité. Et ma fille ne le fait toujours pas. Ne votez pas pour des gens qui mentent. Ne la laissez pas devenir votre gouverneure », affirme-t-elle dans cette séquence relayée sur les réseaux sociaux.
Sur la forme, ce n’est pas la première fois qu’une personnalité politique voit un membre de sa famille militer publiquement contre elle dans cette Amérique où la liberté d’expression est sanctuarisée et où les clips publicitaires politiques sont légalement autorisés, et donc utilisés à toutes les sauces.
Une sordide affaire de viol
Le problème ici tient à la nature de la rupture des relations entre la candidate démocrate et sa mère. Abusée par son beau-père entre 9 et 12 ans, Amy Acton n’a pu compter sur le soutien de Donna Arthur, qui avait pris fait et cause pour son mari, Cledith Arthur, à l’époque.
Inculpé pour viol présumé en 1978, ce dernier avait plaidé non coupable, puis fui en Pennsylvanie avant l’ouverture de son procès. Il y est mort en 2004, selon le récit reconstitué par le New York Times (NYT).
« Notre mère biologique est restée mariée au violeur d’Amy jusqu’à sa mort », a déclaré le frère d’Amy, Philip Stearns, dans un communiqué cité par le NYT, alors que sa sœur affirme ne pas avoir revu sa mère depuis cette procédure judiciaire.
Une attaque jugée indigne
« Cette attaque désespérée et répugnante révèle exactement qui est Vivek Ramaswamy au fond de lui : un homme pitoyable, prêt à faire du mal à n’importe qui pour obtenir ce qu’il veut », a poursuivi celui qui dit avoir également subi des abus de la part de Donna Arthur.
« Nous ne savons pas ce qui s’est passé entre Amy et sa mère, qui s’est exprimée publiquement à son sujet pour la première fois en 2020. Mais nous savons qu’Amy Acton est une affabulatrice récidiviste qui entretient des rapports très problématiques avec la vérité », a déclaré, dans un premier temps, un porte-parole de la campagne de Ramaswamy au sujet de cette vidéo, diffusée sans que l’on sache exactement qui l’avait financée.
« Cette manière de ne pas vraiment prendre ses distances avec la vidéo, sans pour autant l’assumer, a quelque chose d’assez malsain », a estimé Nick Evans, journaliste à l’Ohio Capital Journal, avant que l’équipe du candidat républicain ne finisse par admettre sa responsabilité dans sa production.
