Apple indemnise 37 millions d’utilisateurs trompés sur Siri

Le géant californien règle un recours collectif portant sur des iPhone vendus avec la promesse de fonctionnalités d’intelligence artificielle qui n’étaient pas disponibles au lancement.

La rançon du mensonge. Apple a accepté, mardi 5 mai 2026, de verser 250 millions de dollars pour mettre un terme à un recours collectif l’accusant d’avoir induit en erreur ses clients sur les capacités de son intelligence artificielle, Apple Intelligence.

Selon les termes de l’accord préliminaire dévoilé dans la presse américaine, les acheteurs américains d’iPhone 16 ou d’iPhone 15 Pro acquis entre le 10 juin 2024 et le 29 mars 2025 pourront déposer une réclamation pour obtenir une compensation comprise entre 25 et 95 dollars par appareil éligible.

La plainte reprochait à Apple d’avoir massivement mis en avant, lors de sa conférence développeurs WWDC 2024, une version « révolutionnaire » de Siri intégrant Apple Intelligence, présentée comme capable de comprendre le contexte personnel des utilisateurs à partir de leurs e‑mails, messages et fichiers.

Ces fonctionnalités avaient été détaillées avant le lancement de la gamme iPhone 16 en septembre 2024, nourrissant l’idée qu’elles seraient rapidement disponibles via les mises à jour d’iOS 18. « Apple a saturé le marché de publicités trompeuses, incitant les consommateurs à acheter des iPhone sur la base de la promesse de fonctionnalités Siri améliorées », accuse le dossier judiciaire.

Un règlement sans reconnaissance de faute

La plainte souligne que « la réaction du public a été rapide et intense lorsque les consommateurs ont appris que les fonctionnalités Siri améliorées seraient publiées plus tard que prévu initialement ». Or, près d’un an plus tard, ces capacités n’ont toujours pas été déployées dans leur intégralité, y compris dans les dernières mises à jour d’iOS.

L’accord prévoit que les utilisateurs concernés recevront une notification par e‑mail dans un délai de 45 jours. Pour déposer une demande, ils devront fournir une preuve d’achat de l’appareil, comme le numéro de série, des informations de compte Apple ou leur numéro de téléphone.

Si Apple consent à ce règlement, le groupe ne reconnaît aucune faute. Dans sa déclaration officielle, il affirme avoir « introduit des dizaines de fonctionnalités pertinentes pour ce que font les utilisateurs au quotidien » depuis le lancement d’Apple Intelligence.

Le syndrome persistant d’Apple Maps

Le groupe explique avoir « conclu cet accord pour se concentrer sur ce qu’il fait le mieux : fournir les produits et services les plus innovants à ses utilisateurs ». L’affaire renvoie au fiasco d’Apple Maps en 2012, lorsque l’entreprise avait voulu se passer de Google Maps en lançant son propre service cartographique avec iOS 6.

Le résultat fut catastrophique, avec notamment des rues mal tracées, des directions erronées, des points d’intérêt absents ou mal positionnés. Tim Cook avait dû reconnaître publiquement qu’il s’agissait de « sa plus grosse erreur » et présenter ses excuses lors d’une conférence de presse humiliante.

Selon plusieurs témoignages, Larry Page et Sergey Brin, cofondateurs de Google, s’étaient même présentés dans les bureaux d’Apple avec un accord de sauvetage pour réintégrer Google Maps.

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