Minneapolis reconsidère les bathhouses

La métropole du Minnesota envisage d’autoriser à nouveau ces lieux dédiés aux soins du corps et à la relaxation collective, 38 ans après leur interdiction. Une initiative motivée par des considérations d’ordre sanitaire et sociétal, mais qui demeure fortement controversée.

Les bathhouses bientôt de retour à Minneapolis ? Selon le New York Post, le conseil municipal de la ville envisage de permettre la relance de ces établissements de cruising ou de clubs sexuels. Une telle mesure marquerait un revirement près de quarante ans après leur disparition.

Ces espaces avaient en effet connu une réelle popularité aux États-Unis avant d’être progressivement fermés sous la double pression de l’opinion publique et des autorités. À Minneapolis, l’interdiction remonte à 1988, avec l’adoption d’une ordonnance municipale.

Ce texte évoquait des « comportements sexuels à haut risque », alors définis comme la fellation, le rapport anal ou vaginal rémunéré, que ces lieux étaient censés encourager.

« Le département de la santé de Minneapolis et d’autres organismes de santé publique reconnaissent que cette ordonnance n’est plus un outil adapté à la promotion de la santé publique », déclare aujourd’hui la Safer Sex Spaces Coalition, un collectif d’organisations communautaires et de défense des droits favorable à la réouverture de ces espaces, cité par le New York Post.

Une interdiction jugée contre-productive

Des militants rappellent désormais que ces fermetures forcées ont eu un effet pervers en poussant les pratiques dans la clandestinité, loin de tout contrôle sanitaire ou réglementaire.

« Les recherches en sciences sociales montrent que les espaces commerciaux dédiés au sexe, comme les saunas gays, favorisent les pratiques sexuelles plus sûres, la prévention du VIH, et l’accès au dépistage et aux traitements », ajoute la Safer Sex Spaces Coalition.

Ironiquement, c’est aussi une partie de la communauté gay elle-même qui avait milité pour la fermeture définitive de ces bathhouses, au plus fort de l’épidémie du VIH/SIDA, dans l’espoir de juguler la propagation du virus.

Selon un reportage du journaliste Reg Chapman diffusé sur CBS News, les élus devraient dans un premier temps demander à leurs services d’approfondir la recherche sur le sujet.

Des risques juridiques et sécuritaires soulevés

Minneapolis ne partirait pas de zéro en cas de légalisation. Des villes voisines comme Duluth et Saint-Paul n’ont jamais totalement interdit ces établissements, les laissant opérer avec des niveaux de surveillance variables.

Néanmoins, tout le monde ne partage pas l’enthousiasme des partisans de leur retour. L’avocat Joe Tamburino, interrogé par CBS News, met en garde contre plusieurs obstacles juridiques, à commencer par la responsabilité des exploitants. En cas d’incident au sein de l’établissement, qui serait tenu pour responsable ?

Des dispositifs comme des décharges signées par les clients pourraient être envisagés, mais leur validité légale reste incertaine. L’éventuelle implication de mineurs et le risque de réseaux de prostitution organisée figurent également parmi les préoccupations soulevées par Tamburino.

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