L’avocat et héritier du célèbre couple de « chasseurs de nazis », Serge et Beate Klarsfeld, appelle à une offensive policière contre l’immigration irrégulière sur le territoire français, à l’image de la politique menée par Donald Trump aux États-Unis, et jugée « dure », quitte à assumer des « erreurs », voire des pertes humaines.
« Si on veut se débarrasser des OQTF (sous obligations de quitter le territoire français), il faut organiser, comme fait Trump avec ICE [la police de l’immigration américaine], des sortes de grandes rafles un peu partout, mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière, on commet aussi des injustices« .
Lors d’une intervention diffusée sur CNews le samedi 24 janvier 2026, Arno Klarsfeld a proposé d’appliquer en France des opérations de reconduites à la frontière inspirées de celles menées par l’ICE sous l’administration Trump.
L’avocat a même cité l’exemple d’une femme tuée par balle lors d’une opération dans le Minnesota, reconnaissant que ce type d’approche « impose d’accepter de commettre parfois des injustices », une dérive qu’il justifie « au nom de l’intérêt de l’État ».
Le cas polémique américain
Ces déclarations interviennent alors que les actions de l’ICE suscitent une indignation croissante outre-Atlantique, après plusieurs drames récents. Le 7 janvier, Reneé Nicole Good, 37 ans, a été abattue par un agent de cette force souvent décrite comme paramilitaire et au service d’une vision ethnique de la nation américaine.
Plus récemment, peu avant l’intervention d’Arno Klarsfeld, Alex Pretty, un infirmier du même âge, a été criblé de balles à Minneapolis, ravivant les protestations contre les méthodes de cette police fédérale dans le Minnesota.
Entre-temps, un enfant de cinq ans, Liam Conero Ramos, aurait été utilisé comme « appât » par les autorités pour contraindre son père sans papiers à sortir de sa cachette. Face à la vague d’indignation, le vice-président JD Vance a tenté de défendre l’opération en déclarant : « Que devaient-ils faire ? Laisser mourir un enfant de froid ? »
Les propos d’Arno Klarsfeld choquent d’autant plus qu’il est lui-même petit-fils de déportés. Son père, Serge Klarsfeld, né à Bucarest dans une famille juive, a été déporté à Auschwitz-Birkenau avec les siens.
Une vive indignation
Ce passé tragique avait conduit Serge et son épouse Beate à consacrer leur vie à la traque des criminels nazis et à la préservation de la mémoire de la Shoah.
« Arno Klarsfeld, descendant de personnes arrêtées et déportées, appelle en direct à la télévision à la rafle et à la capture d’étrangers présents sur le sol français. Dans quel état de folie ce pays sombre-t-il ? », s’est indignée Mathilde Panot, députée de La France insoumise.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a d’abord exprimé son incrédulité sur X : « Dites-moi que c’est un fake, dites-moi que ce n’est pas possible », avant d’annoncer son intention de saisir la justice sur le fondement de la loi du 24 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
Selon lui, les déclarations d’Arno Klarsfeld pourraient constituer une « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, voire une apologie du crime ». Face à la polémique, l’avocat a tenté de nuancer ses propos sur les réseaux sociaux, invitant les internautes à « se reporter au dictionnaire » pour comprendre le sens exact du mot « rafle ».
