Volée de bois vert contre Serena Williams

L’ancienne numéro 1 mondiale du tennis cristallise les critiques depuis qu’elle a admis avoir recours à un médicament pour sa perte de poids, soulevant des interrogations sur la responsabilité des célébrités face aux normes esthétiques.

Peut-on sacrifier ses convictions au nom de son bien-être personnel ? Les principes d’hier sont-ils condamnés à évoluer ? Ces questions ressurgissent avec acuité depuis qu’une polémique impliquant Serena Williams a éclaté en ligne.

L’ancienne championne fait face à un tollé d’internautes pour avoir vanté des injections amaigrissantes à base d’antidiabétiques commercialisées par la marque « Ro ». « Après la naissance de mes deux enfants, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver mon poids habituel« , révèle-t-elle dans la campagne publicitaire.

Malgré une alimentation décrite comme « saine et équilibrée » et une pratique sportive intensive, la cadette des sœurs Williams affirme n’avoir pas réussi à retrouver sa silhouette d’antan par ces moyens traditionnels.

D’où le recours à ce médicament de type GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), comme le montre la vidéo de l’athlète de 42 ans, accompagnée d’un message personnel où elle explique que ce traitement était « quelque chose dont son corps avait besoin ».

Une démarche très controversée

Si cette confession personnelle résonne particulièrement dans une société où la pression sur le corps des femmes, et notamment des mères, reste omniprésente, elle n’en cristallise pas moins les critiques.

Elle perpétuerait en effet, selon ses détracteurs, un narratif dangereux selon lequel la médicalisation du corps serait nécessaire pour être considérée comme belle et en bonne santé. D’autant que Serena Williams, forte d’une base de fans estimée à 18 millions rien que sur Instagram, est perçue comme un « modèle ».

Par ailleurs, la promotion d’un tel produit par la championne aux 23 titres du Grand Chelem fait quelque peu tache lorsque l’on se rappelle son parcours des dernières années.

Tout au long de sa carrière, son corps athlétique a été l’objet d’un examen constant, souvent teinté de préjugés et de discrimination. Son physique, pourtant son « outil de travail », a fait l’objet de moqueries et parfois de mépris, y compris de la part de ses adversaires sur les courts.

Un message dangereux en matière de santé publique ?

Un autre aspect important du débat concerne la sécurité des médicaments GLP-1. Ces injections sont en principe destinées aux personnes présentant des besoins médicaux spécifiques et ne peuvent être obtenues que sur prescription médicale, sous supervision d’un professionnel de santé.

Les effets secondaires potentiels, notamment sur le plan gastro-intestinal, incluent divers troubles digestifs qui ne devraient pas être pris à la légère.

Par ailleurs, les experts en santé publique rappellent que pour les personnes ne souffrant pas de surpoids ou de pathologies particulières, « la meilleure manière de rester en forme et en bonne santé reste de maintenir un équilibre alimentaire sain et varié, accompagné d’une activité physique régulière ».

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