France : une alliance Bayrou-Dati pour la mairie de Paris ?

L’édile de la capitale accuse le chef du gouvernement de baliser le terrain afin de mieux positionner la ministre de la Culture dans la course aux municipales 2026. Au cœur de ce jeu d’intérêts : la réforme controversée du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille.

À un an très exactement des prochaines élections municipales, les appétits s’aiguisent d’ores et déjà, c’est la nuit des longs couteaux. Et tous les coups semblent permis. Surtout dans le cadre de la très convoitée mairie de Paris.

À cet effet, l’édile sortante Anne Hidalgo semble avoir perçu de la part de ses opposants certaines manœuvres peu amènes. En l’occurrence, un deal secret entre le Premier ministre François Bayrou et sa ministre de la Culture Rachida Dati dans le but de favoriser cette dernière, éternelle rivale de la maire socialiste.

Derrière ce pacte qualifié de « plausible » par le journal Le Monde, figure le mode de scrutin des municipales à Paris, Lyon et Marseille que le locataire de Matignon souhaite voir réformer.

Contrairement au reste de la France où les habitants votent directement pour les membres du conseil municipal de leur ville, les municipales se déroulent dans ces trois villes par arrondissements ou par secteurs.

Un projet explosif

Autrement dit, les électeurs votent pour des conseillers d’arrondissement, qui ensuite élisent le maire de la ville. Cette situation peut conduire à des cas où le maire est élu avec moins de voix que son adversaire. Une « anomalie démocratique », selon les détracteurs de ce mode de scrutin.

François Bayrou qui jugerait le système actuel non satisfaisant selon Le Parisien, voudrait donc mener à bien cette réforme maintes fois repoussée, car potentiellement explosive politiquement.

Problèmes : le timing n’est pas idéal – tout changement doit intervenir au plus tard un an avant le scrutin –, et le sujet ne fait pas l’unanimité même au sein de la majorité. Pourquoi donc cet activisme du Premier ministre à enclencher cette réforme malgré tout ?

La réponse de Anne Hidalgo intervenue mardi 18 mars dernier sur France Inter est cinglante : « Parce que Mme Dati a déjà vendu la circonscription de M. Laussucq – pardon hein, c’est moche de dire ça comme ça –, [dont l’élection] va être invalidé[e], à M. Bayrou, qui mettra l’une de ses proches« .

Un « tripatouillage démocratique »

Selon la maire qui ne se représente pas, le pacte serait celui-ci : en échange du soutien de Rachida Dati à la candidature de Séverine de Compreignac – protégée du chef du gouvernement – dans la deuxième circonscription de Paris, Bayrou s’engagerait à faire aboutir la réforme du mode de scrutin pour les municipales.

Cette deuxième circonscription, qui comprend le 5e arrondissement et des parties des 6e et 7e, pourrait prochainement faire l’objet d’une élection législative partielle si le Conseil constitutionnel invalide l’élection du député sortant Jean Laussucq (Renaissance), dont les comptes de campagne pour 2024 ont été rejetés.

Alors que l’entourage de Matignon bat en brèche le scénario décrit pas Hidalgo, le camp de celle-ci crie à un « tripatouillage démocratique » d’après les propos rapportés par Le Monde.

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